In the mood of land (2015-2018)

Where is my mind. Equateur 2016
White swan. Equateur 2016
flowers. Equateur 2016
The lost dog.Equateur 2016
Charlie y Tatiana. Perou 2016
Mask- Equateur 2018
Eclaircissements. Equateur 2016
La fanfare. Equateur 2016
Nobol. Equateur 2016
Spirit. Mexique. 2017
Songes. Equateur 2016
Cotopaxi. Equateur 2016
Salvador de bahia. Bresil. 2016
Prière. Equateur 2017
Adolescent. Quilotoa. Equateur 2015
Steel free?. Equateur 2015
Rest - Equateur 2015
Huit femmes et demi. Equateur 2017
Pirates. Equateur 2017
Paradise. Equateur 2016
My name is celebrity. Panama 2016
Jen - Equateur 2016
Le prédicateur. Equateur 2016
Master of your fate. Equateur 2016
Déluge - Mexique 2018
Il y a une route. Equateur 2016
Young lovers. Equateur 2017
Gimme shelter. Equateur 2016
Priere. Salvador de bahia.Bresil 2016
Again. Perou 2016
Why? Equateur 2017
Rio - Brésil 2018
Disparu. Equateur 2017
Prière. Equateur 2017
Icone. Isabela. Galapagos 2016
Langueur. Equateur 2016
Nouveau départ. Equateur 2016
Ciel ardent. Equateur 2016
Hidalgo. Equateur 2016
Talons. Equateur 2018
Antonio et sa fille. Equateur 2015
White - Mexique 2018
Colors. Equateur 2017
Salvador de bahia. Bresil. 2015
La vida es un juego. Equateur 2016
Reflexion.Equateur 2016
Mask. Equateur 2016
Sigchos. Equateur 2016
June - Equateur 2016
Chant. Equateur 2016
Come to me. Equateur 2017
A lonely boy. Perou 2016
Chaleur. Galapagos 2016
Horizon. Equateur 2017
45 - Equateur 2018
Terremoto - Equateur 2017
Protection. Equateur 2017
Présage - Equateur 2015
La noche es larga. Equateur 2016
Demain. Equateur 2016
You explore - Mexique 2018
PlayPause
previous arrow
next arrow
 

 

« In the mood of land » est un projet photographique mené pendant trois ans par Laurent Guyonvarch en Amérique latine et plus particulièrement en Équateur, Brésil, Mexique, Panama et Pérou. C’est avec un regard introspectif qu’il tente de décrypter l’humeur si particulière de ces territoires et de ses habitants tout en croisant cette thématique avec sa propre histoire intime.

Au final, les deux lignes conductrices se mélangent. Humbles, sans fioriture, dignes, les portraits montrent ont une proximité troublante avec nous qui les observons. Ils se dévoilent crûment, et montrant une immobilité, un désespoir qui ne peut que nous toucher. Comme l’humeur d’une lisière ou d’un pays toutes les humeurs du coeur émergent de ces paysages ou de ces portraits qui chacun sont les protagonistes d’une histoire intime qui ne dit pas son nom.  

Finalement, le sentiment qui ressort de « In the mood of land » c’est celui de la peine. Peine dans le sens de la douleur qui vacille entre l’espoir fou et l’amertume. D’autres fotos paraissent énigmatiques. On peut y voir une sorte de magicien devant un feu de braise, une voiture figée dans le temps ou un corps entrant dans une eau confuse.

On dirait que ces photographies conservent un secret au-delà de ce qui peut être exprimé. Il y a cependant un mouvement qui est envisagé, une direction qui est prise. Et si on pouvait la nommer on dirait que c’est une expérience.

Dans « In the mood of land » l’expérience est étroitement liée au changement. Tout se meut, tout change et comme le disait justement Héclarite on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. La peine vient donc de ce changement. Le temps est irrémédiable, le corps et les humeurs peuvent changer d’un instant à l’autre. Ce qui était désiré peut être détesté, ce qui était attirant demeure maintenant dans l’indifférence. 

On comprend alors que certaines photographies représentent comme un choc, une incertitude face à ces changements impossibles à décrypter. Une photographie par exemple représente le portrait de la vierge Marie dans un décor de catastrophe. Cette image a été prise suite au tremblement de terre de 2016 en Equateur qui a fait des centaines de morts. L’humeur de la terre peut donc être imprévisible et destructrice. D’où une sorte de fatalisme qui ressort d' »In the mood of land ». 

Pour autant, le sentiment de vie et de force est également représenté. Il prend alors la forme du désir. Deux talons qui dépassent d’un lit, un buste de femme posé devant nous telle une statue grecque, des enfants qui courent dans les champs le visage illuminé par l’orage. Il y a également une fureur de vivre qui s’exprime à travers ces images. 

Hamlet, dans une pièce de théâtre éponyme disait: « l’essentiel c’est d’être prêt ». Il semble que dans « In the mood of land » ce soit le message qui préfigure autant la façon d’être d’un continent comme l’Amérique latine que la complexité des sentiments face à laquelle nous sommes confrontés dans ces photographies.