Cuba – La Frontera (2014)

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Hoy vuelvo a la frontera
Otra vez he de atravesar
Es el viento que me manda
Que me empuja a la frontera
Y que borra el camino
Que detrás desaparece
« La Frontera » Lhasa De Sela

Nous nous parlerons encore. Nous parlerons de ce que nous avons vécu. Même ce qui fut le plus insignifiant. Ce sera notre façon à nous de nous échapper. De résister à la disparition.

Nous n’oublierons pas notre enfermement. Le suintement de la peau qui voudrait muter. Devenir autre chose. Se laisser glisser dans chaque vague. Un lieu, une île où chaque vague rappelle une histoire de départ qui n’en finit plus. Une histoire brouillée de retrouvaille et de découragement.

Nous sommes à la frontière. C’est ce qui nous pousse à la vie, sans reculer et avec courage. Les quelques pas que l’on fait dans la nuit sont des étoiles de commisération. Nous les suivons du regard pour voir jusqu’où elles pourraient briller.

Nous sommes à la lisière de nous­-même. Personne ne viendra nous chercher. Réduit étroit et à peine respirable.  Bien suffisant pour chantonner avec le cœur. Le cœur léger et libre. La frontière est encore loin. Et pourtant elle nous obsède. Elle nous toise et nous fascine avec son horizon sans fin.

Laurent Guyonvarch a entrepris un séjour de plusieurs semaines à Cuba (2014). Il  dresse  le  portrait  de  cubains  tiraillés  entre  l’aspiration  à  la  liberté  et  la peur de rompre avec le modèle de la révolution.  De nombreux cubains qu’il rencontre racontent à leur façon un récit de vie. C’est en quelque sorte ces récits qui sont mis en image pour relater un rapport contradictoire et fasciné à  la  frontière.  Un  passage,  un  guet  imprimé  dans  l’histoire  personnelle  de chaque cubain.